Définition philosophique

Immanence et transcendance

La musique offre une représentation de certaines formes de transcendance qui n’a jamais fait l’objet d’une connaissance et ne fera jamais l’objet d’une connaissance. La musique est un système ouvert : elle s’adresse d’abord à chaque individu. De plus, c’est un système autoréférencé, et qui crée donc sa propre sémantique.

Ce qui tend à prouver que l’ontologie de l’œuvre musicale se reflète bien sur ces deux plans que les philosophies esthétiques sont toujours parvenues à distinguer : un plan d’immanence où l’œuvre se signifie elle-même et s’identifie à son objet, et un plan de transcendance où elle déborde cet objet, où elle n’a plus d’objet, et où elle se contente d’être rapport au monde. (Cf. Genette (Gérard), L’œuvre de l’art. Immanence et transcendance, Paris, Le Seuil, coll. Poétique, 1994, 301 p.) Ainsi, comme toute œuvre d'art, sans rien vouloir "représenter", elle établit pour nos sens une correspondance particuliére avec des émotions, des sensations, ou simplement une somme d'instants spontanés et créatifs, construisant dans le temps un processus d’écoute.

La vision des musicologues

:. Vincent d'Indy

Si le perfectionnement du langage et son évolution dans un système formel ont constitué la base principale du développement scientifique, l’art a-t-il également le pouvoir d’exercer une influence sur nos connaissances et sur nos formes de communication ? Code symbolique, l’art produit parfois consciemment, des signes, généraux ou particuliers, ostensibles ou tangibles, évoluant comme ceux de tout langage. Vincent d'Indy, en introduction à son cours de composition musicale, suggère cette puissance de communication. Il estime que d’un point de vue subjectif on peut adopter la définition donnée par Tolstoï pour qui “l’art est l’activité humaine par laquelle une personne peut, volontairement, et au moyen de signes extérieurs, communiquer à d’autres les sensations et les sentiments qu’elle éprouve elle-même.”

La musique si on l’assimile à une telle volonté, devient effectivement en puissance un code symbolique. Cette approche renvoie à une définition restreinte des éléments fondamentaux en musique. Son fonctionnement ne dépend plus que de signaux répertoriés ou volontairement désignés. Tout en reconnaissant l’importance de correspondances fonctionnelles, il nous semble difficile d’acquiescer à cette assimilation restrictive. La musique serait plutôt un système symbolique sans signifiant référentiel universel. Elle agit selon un système ouvert, non isolé (comme tout système vivant), et autoréférencé. La musique n’est donc pas autrement codifiable que par des signes d’écriture (signes qui, tels des symboles, ne sont pas univoques).

:. Tripartition de Jean Molino et Jean-Jacques Nattiez

C’est en passant du niveau de l’élément à celui de sa structuration que les musicologues ont accordé l’expérimentation des nouveaux matériau cellulaires aux découvertes sur la forme de communication qui paraît le mieux définir l’espèce humaine par rapport à l’espèce animale : le langage. Dans la mesure où il demeure la seule entité de différenciation entre l’homme et l’animal, le langage verbal s’applique bien à traduire la dimension spirituelle, et même la dimension sociale de l’homme puisqu’aucun accord ne peut se construire, aucune régulation ne peut intervenir, sans la communication avec autrui et avec soi-même. Jean-Jacques Nattiez a entreprit dans les années soixante-dix une recherche cherchant à aboutir à ce qu'il qualifie de sémiologie de la musique. Il trouve son ancrage dans l’étude des correspondances symboliques que la musique établit depuis le niveau de sa création jusqu’à celui de sa réception. Le troisième niveau, qualifié de neutre par Jean molino, serait celui de la partition, élément de représentation à la fois symbolique et sémantique. C'est le niveau où rien ne se produit sans l’intermédiaire d’un autre niveau  : la partition traduit surtout les relativités d’échelle pour les hauteurs, les durées et les nuances. Ne reste alors qu'à déterminer si une telle herméneutique de la musique peut s’appuyer sur des sémiologies instaurées depuis les origines, ou si elle n’a au contraire qu’une valeur de repère  ? Pour ces auteurs qui se réclamaient d’une comparaison avec le langage, si l’œuvre nous communique quelque chose c’est avant tout qu’elle est une parole et donc qu’elle n’est pas justiciable de la seule syntaxe. Ce sens fondateur, dont il reste à définir la nature, ouvre au monde particulier de l’ineffable, comme la connaissance ouvre à celui du sensible, et comme le langage reste le support de l'évolution des connaissances.

 

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Auteur : Hbbk RobotQuistnix Pierax EDUCA33E Guillom Didierklodawski Boeb'is POMPIERS Lucronde Xavier_Combelle Paternel_1 Holycharly Spooky Magoule Hégésippe_Cormier Grecha Piku Zwobot Ratigan Korg J-b Chlewbot Poppy Gwalarn Twice25 AlphaBot TouN Gpvosbot Garde-chiourme Hemmer Billybug Chobot MMBot Sebjarod Jeanot FlaBot MG Vargenau Yves30 SCh YurikBot Akhu Badmood RobotE Lmaltier PieRRoMaN Tieno Céréales_Killer QuartierLatin1968 Revertor Pe.nataf Phe MedBot Sam_Hocevar Guaka ZeroJanvier Muselaar HasharBot Guillaumito Ukepedia Friedegg PH Weft Coriolano Fred091 Yosri Dr_Eric_SImon Woodpecker Luna04 Howard_Drake Anas_Ghrab Ryo Vincent_Ramos Jusjih Ellisllk Med Dedoo Webkid Iubito Daba Defnael Arno Orthogaffe Gérard Traroth Tex Hashar Maston28 Jeanuel Alvaro Quintessent
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